Soapacadabra!

20 avril 2011

Le Monoï de Tahiti: d'une tradition ancestrale à une huile de légendes...

mnoip

 

En ce moment, c'est mon Johnny perso qui est bien embêté.

 

Voir un peu chafouin.

 

Je dirais même quelque peu boudeur...

 

Il faut dire que le matin, quand il se lève, il marche sur un pot vide de beurre de karité ("je ne sais pas du tout comment il a pu arriver là, juste sous tes pieds, chéri"), quand il se douche il doit pousser les quelques 8 millions de flacons d'huiles essentielles qui recouvrent tous les meubles de la salle de bain, quand il déjeune il escalade la montagne de béchers que je n'ai toujours pas eu le temps de ranger dans la cuisine, quand il veut se poser 5 minutes sur le canapé c'est la pile de notes et de post-its entassés ça et là qu'il doit éviter soigneusement (sous peine de se faire accuser de dissimulation de documents "hyper-ultra-top-importants")...

 

Bref, vous l'aurez compris: je le saoule grave. Et mes expériences cosméto encore davantage.

 

 

BULLE

 

Mais il est gentil, Johnny. Il fait semblant de rien et pousse des grands "hoooo" et des vaillants "haaaa" quand je lui fais part de mes résultats (dont il se fiche royalement) (le rustre).

 

Bon. Le positif dans tout ça, outre le fait que je m'amuse bien, c'est que depuis plus d'une semaine la maison embaume le Monoï en continu! Le côté négatif, c'est que... comment dire? ...c'est un peu le charivari à la maison. Le bordel, quoi.

 

Vous l'avez donc compris, c'est au rythme de la Cosmetic Academy qu'on a vécu la semaine dernière,. La cuisine a été reconvertie pour quelques jours en vrai laboratoire, presqu'on se serait cru revenus à nos bons vieux travaux pratiques de l'IUT chimie, avec Johnny (sauf que je bossais toute seule pendant qu'il ralait qu'il voulait manger de la soupe) ( comme si je n'avais que ça à faire, la cuisine) (pfff...)

 

De là à dire que Johnny a failli manger de la sauce salade à l'huile d'onagre, il n'y a qu'un pas (que je n'ai heureusement pas franchi, rassurez-vous) (enfin, c'est surtout Johhny qui peut se rassurer).

 

C'est qu'un concours de cosméto "home made", avec à la clef un voyage à Tahiti, c'est quand même un challenge passionnant à relever!

 

Il faut dire que Tahiti, à la maison, c'est pas rien. Y'a des bouquins de partout, des photos, j'ai même commencé à apprendre le tahitien il y a un an (si si, c'est pas une blague!). Et y'a pas qu'à la maison que ça ne rigole pas. Une fleur d’hibiscus sur mon épaule, une déclaration d’amour à mon (futur) mari tatouée sur l'avant-bras (qui intrigue d’ailleurs bien du monde...le tahitien n’est pas une langue que l’on croise tous les jours)…

 

J’ai la Polynésie (et Johnny, donc) dans la peau ! Tiens, regarde, on en voit un, là:

 

SOPHIE

Si tu as de bons yeux, tu pourras peut-être lire le texte de mon tatouage. Mais c'est pas dit que tu y comprennes quelque chose ;-)

 

Enfin bon, ça y est, le colis est posté. La date limite de réception pour le produit synthétisé était ce vendredi. Y'a plus qu'à croiser les doigts pour qu'il arrive à temps, maintenant! 

 

Mon article qui détaillera la recette et l'histoire de la création est prévu pour le week-end du 23 avril, en attendant, et vu que le thème du concours cette année était le Monoï de Tahiti, je vous propose de revenir un peu sur cette huile légendaire aux bienfaits incomparables... C'est parti!!!

 

monoi

 

 

D’où vient le Monoï ?

 

Etymologiquement parlant, son nom signifie « huile parfumée » ou « huile sacrée » en tahitien (il est aussi appelé Manogi en Paumotu ou Pani en Marquisien). Ce produit traditionnel est fabriqué et utilisé par les Polynésiens depuis plus de 2000 ans.

C’est pourquoi la fabrication du monoï de Tahiti suit un protocole strict.

 

La fabrication du Monoï de Tahiti

 

Pour résumer, il est issu de la macération du tiare Tahiti (littéralement « fleur de Tahiti ») dans l’huile de coprah (ou de haari) raffinée. Les fleurs sont cueillies au stade de bouton, et sont plongées — au plus tard le lendemain du jour de la récolte — dans l’huile durant au moins dix jours. Ensuite le macérât obtenu est mis en décantation, filtré et enrichi en vitamine E (antioxydant naturel). Pour s’assurer d’utiliser un monoï de Tahiti de qualité, il faut bien penser à vérifier l’origine des produits utilisés : Cocos nucifera pour l’espèce de cocotier et Gardenias tahitensis pour les fleurs.

 

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Le Monoï et l’art du massage en Polynésie


Le monoï de Tahiti connaît un usage traditionnel en Polynésie depuis fort longtemps. Jadis il était surtout réservé à la noblesse, les Arii. Malgré la violente acculturation que les Européens infligèrent au peuple Maohi aux XVIIIe et XIXe siècles, des éléments culturels traditionnels liés au monoï perdurent, notamment l’art du massage (taurumi en tahitien).

Dès la naissance, la mère peut prodiguer à son bébé un massage au monoï. Il s’agit à la fois de stimuler le bon développement psychomoteur de l’enfant et de conditionner sa peau, de la nourrir, de la protéger. Ces massages rappellent le geste associé la naissance de Tané, le dieu tahitien de la beauté.

 

En effet, une légende raconte que Tané, le fils d’Atéa était sans forme — il ressemblait à une méduse géante, au néant ! Alors Ta’aroa, le dieu créateur, utilisa nombre d’éléments qu’offre la nature, dont les composants du monoï, pour lui façonner une peau parfaite.

La pratique des massages au monoï se poursuit tout au long de la vie : elle fait partie intégrante de la cosmogonie polynésienne consacrant la symbiose de l’homme et de la nature. Cette harmonie se retrouve dans les gestes du masseur (tahua en tahitien), le monoï en est le médium, des mains du tahua au patient, de la peau à la nature.

Les utilisations du Monoï

 

L’utilisation exclusive du monoï de Tahiti en produit solaire est incontestablement un détournement occidental. C'est bien sûr un après-soleil efficace qui soulage des coups de soleil.

 

Mais en Polynésie, son usage est bien plus large. Il est à lui seul le remède de beauté le plus utilisé, et son efficacité n’est plus à démontrer.

 

Sa propriété la plus connue, c’est qu’il protège la peau et les cheveux. Le monoï pénètre instantanément dans la peau, et utilisé quotidiennement, assure une hydratation naturelle, sans compter ses propriétés capillaires grâce à ses effets gainants. Réchauffé dans les paumes de mains, il est idéal pour masser les zones courbaturées ou pour réchauffer un organisme fébrile.

 

Mais le monoi de Tahiti dépose aussi un film hydrophobe sur la peau. Il protège ainsi du froid, du sel marin et des morsures du vent. Les plongeurs sous-marins connaissent bien cette propriété puisqu'avant chaque plongée, ils s'en enduisent le corps afin de résister au froid.

 

Traditionnellement, les Polynésiens massaient le corps des enfants en bas-âge et des nouveaux-nés avec du monoi pour les protéger des températures nocturnes fraîches.

 

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De la composition du Monoï de Tahiti à ses propriétés remarquables.

 

Des analyses en GC/MS (chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse) ont permis de vérifier la présence des molécules d’huile essentielle de Gardénia tahitensis dans le Monoï de Tahiti, confirmant ainsi la qualité de l'extraction par macération douce dans l'huile raffinée de Coprah. Ces composés extraits de la fleur de Tiaré ont des propriétés apaisantes et assainissantes reconnues. Par ailleurs, L'huile raffinée de Coprah a des vertus émollientes avérées.


Parmi les composés analysés on peut notamment citer :
- Le salicylate de méthyle dont l'action apaisante est reconnue.


Et des composés aux propriétés assainissantes dont :
- Des alcools : l'hexanol, l'alcool phényl éthylique
- Des esters - le benzoate d'éthyle, et le salicylate de méthyle.


L'hydratation des couches superficielles de la peau due au Monoï de Tahiti est progressive et durable, l'effet étant maximum entre 4 et 6 heures après application.
Après une seule application sur la peau, et 4 heures après traitement, les qualités hydratantes du Monoï de Tahiti sont comparables à celles du beurre de Karité.

 

(Etude EVIC-CEBA du 28 juillet 1998)

 

La dimension symbolique du Monoï de Tahiti


Au-delà des bienfaits corporels et médicinaux, le monoï possède une dimension symbolique importante. Il fait partie intégrante de certains rites religieux traditionnels.

 

Des récits relatent l'association du monoï lors de rites ancestraux avec des cérémonies de purifications ou des rituels de protection. Au cours de cérémonies qui se déroulaient dans le marae, temples sacrés en plein air, les prêtres maoris se servaient du monoï pour oindre les objets sacrés et le répandaient abondamment sur les autels de pierre pour purifier les offrandes destinées aux dieux. Il n’y avait pas non plus de mariages ou couronnements royaux sans monoï ou tiare.

Posté par Missrimel dans - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Le Monoï de Tahiti: d'une tradition ancestrale à une huile de légendes...

    Good info on Monoi

    Hi thanks for this information! I have been a long time monoi user myself.

    Cordialement,
    ari, Bali

    Posté par monoi guy, 17 octobre 2012 à 06:00 | | Répondre
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