Soapacadabra!

30 juillet 2014

"La lavande", savon de la garrigue au lait de chèvre...

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Emballée par mon savon sur de thème de l'oranger (oui, je suis en mode "fort peu modeste" aujourd'hui...), j'ai voulu réaliser une recette totalement différente, qui mettrait cette fois-ci à l'honneur l'éternelle lavande aux propriétés si bénéfiques à tout point de vue...

En aromathérapie, on a l'habitude de dire que s'il ne fallait retenir qu'une seule huile essentielle, ce serait la lavande qui remporterait haut la main le défi. Universelle, elle est efficace pour... quasiment tout! Les brulûres, l'acné, la peau sèche, les cheveux tristounets, le stress... Rien ne lui résiste! Et en plus, c'est l'une des rares huiles que l'on peut utiliser pure sur la peau (même s'il vaut toujours bien mieux diluer une huile essentielle...). Mais c'est dire à quel point elle est douce et efficace, en plus de sentir divinement bon...

En infusion, elle est divine le soir. En eau tonique, elle adoucit, nettoie, purifie, régénère tous les types de peaux. C'est la reine des plantes, quoi! Un sacré défi du coup, que de la sublimer dans un savon! J'ai tout de même essayé de travailler là-dessus, en composant tout d'abord une harmonie olfactive autour de cette note fleurie particulièrement intense.

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J'ai donc choisi de marier l'HE de lavandin, absolument divine et très sucrée, à celle de lavande, plus prononcée et un peu plus entêtante. Le petit-grain vient arrondir la fragrance par sa touche fruitée gourmande, tandis que le patchouli, en note de fond, apporte à la synergie son côté sensuel.

Et bien je peux vous dire que moi qui n'avais jamais osé le lavandin par peur de sa tenue à la saponification, je n'ai pas du tout été déçue! Je pense même m'en servir désormais purement et simplement en remplacement de la lavande dans mes compositions parfumées... 

Outre les HE, j'ai voulu renforcer la présence de la plante dans le savon en remplaçant toute l'eau de dilution de la soude par de l'eau florale de lavande:

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... et ai rajouté en complément une infusion de fleurs de lavande pour parfaire le tout. Harmonie et équilibre au programme! La lavande est à l'honneur à tous les niveaux.

Comme désormais je ne fais pas un savon sans ajouter du lait (je craque totalement sur la douceur et l'onctuosité que ce dernier apporte à la mousse, sans parler de la peau de bébé après rinçage...), j'ai choisi ici d'utiliser du lait de chèvre, car je trouvais que chèvre et lavande faisait bon ménage... Ca me fait penser au sud de la France, sa garrigue, ses collines et son ciel bleu, à Marcel Pagnol et bien sûr, à sa Manon des Sources...  

Bref.

Le lait de chèvre, outre sa forte teneur en acides aminés, en vitamines et en oligo-éléments, possède une structure moléculaire de très petite taille qui lui permet d’infiltrer plus facilement la barrière cutanée... Ainsi, plus facilement absorbé par la peau, il favorise une hydratation en profondeur et aide à reconstruire le film hydrolipidique. Il soulage efficacement les peaux sensibles, allergiques, ou à problèmes (dermatoses comme l'eczéma ou le psoriasis), et est une excellente arme anti-âge par ailleurs. 

Restait encore le détail de la couleur... Il me fallait du naturel bien entendu, et si possible du violet ou du bleu. Et voilà. Dites-moi un peu comment on obtient du violet et/ou du bleu après saponification (et madame la soude, donc), sans utiliser de machins bizarres chimiques ou pas nets..? 

Ben avec du génipa, tiens. 

C'est encore chez MyCosmetik que j'ai découvert ce machin là, parce que vous je sais pas, mais moi, le génipa, je n'avais jamais entendu parler de ce truc là auparavant... 

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Pour la petite histoire, le Genipa, Huito ou Jagua est originaire des forêts tropicales humides d’Amérique Centrale et d’Amérique du Sud. C'est un petit arbre de la famille des Rubiaceae qui 15 m de haut avec un feuillage dense, luisant et vert foncé et des baies comestible à peau épaisse de 5 à 8 cm de diamètreLes peuples amazoniens extraient du fruit vert un jus clair qui réagit avec la peau ou les cheveux et donne une couleur bleu nuit à noir. (Merci Wiki, hein...)

Toujours à partir du jus des fruits verts, un procédé d’hydrolyse naturel permet la production industrielle de cet extrait colorant, un bleu entièrement naturel. 

Alors OK, après saponification, c'est clair que le bleu vif tourne au grisâtre, soyons francs. Cependant, la couleur obtenue se marie tout à fait bien avec le thème de la lavande à mon goût...

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Bilan: à l'usage, ce savon mousse bien, est extrêmement onctueux et laisse la peau douce, de ce côté là objectif atteint! ;-)

Niveau parfum: il s'atténue beaucoup après la cure, on sent encore bien la lavande arrondie de ma composition, mais il est timide. Le petit-grain, qui est si présent d'habitude, s'efface ici devant la fleur bleue, pour mieux réapparaître à l'utilisation une fois le savon mouillé. La classe de la discrétion, peut-être bien, mais cependant je reverrai la prochaine fois mes proportions à la hausse pour le renforcer un peu, en passant de 5% à 7% ma teneur en huiles essentielles.

Niveau look: j'aime beaucoup le rendu du marbrage "Tiger Stripe" (fait à l'arrache)!

Allez, après quelques petites modifications de rien du tout, cette recette là, je l'adopte définitivement! ;-)

 "La Lavande"

Savon douceur pour toutes peaux, à l'eau florale de lavande et au lait de chèvre

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Huile de coco (mousse abondante)

Huile d'olive (crémeux et nutrition)

Huile d'avocat (douceur et soin)

Huile de palme (crémeux)

Huile de ricin (mousse abondante)

+ soude et eau florale de lavande (surgras 3%)

Ajouts à la trace

Infusion de lavande

Eau florale de lavande (MyCosmetik)

Lait de chèvre (10%)

HV macadamia (nutrition toutes peaux)

pour un surgraissage total de 8%

Couleur:

Extrait de génipa (2%)

Synergie d'huiles essentielles:

Petit-grain

Lavandin

Lavande

Patchouli

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13 juillet 2014

Chat ch'est bien alors!

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Ah oui, au fait... Gipsy aussi est devenue maman, je ne vous l'avais pas dit?

Ben voilà!! 'Sont mignons hein? Les petits nouveaux de la famille Soapacadabra! ^-^

Chacune a déjà son petit caractère: Jasmine la plus joueuse, Jeep la plus curieuse, Jazzy la plus dégourdie... Toutes les 3 sont très attachantes et très câlines!

Jasmine1 copieb

Je ne sais pas si vous vous y connaissez un peu en chat, mais en tout cas je peux vous dire que le Maine-Coon est un vraiment une race de matous formidable. Ce sont des "doux géants" (car ce sont les plus gros chats du monde) très affectueux, des "chat-chien" (pots de colle et très attachés à leur maître) au caractère particulièrement facile. Il devient vite la petite flamme de votre foyer... C'est un bonheur au quotidien! J'avais donc envie de partager ça avec vous...

Bloggueuse à chat un jour, bloggueuse à chats toujours!! 

Jeep1 copieb

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07 juillet 2014

Calculer l'indice de saponification de votre beurre végétal fait-maison, fastoche ou bien?

acides-gras-trans

 

http://memesprit.fr

Il y a quelques temps de cela, je donnais une méthode pour synthétiser des "beurres" végétaux faits-maison, grâce à l'usage de l'acide stéarique et de l'alcool cétylique ().

Je cite:

Il est possible de préparer des "beurres" végétaux, avec l'huile de votre choix (olive, sésame, jojoba, amande...) en utilisant de l'acide stéarique et de l'alcool cétylique. L'acide stéarique permet surtout d'épaissir l'huile, tout en apportant un toucher très doux légèrement cireux, tandis que l'alcool cétylique donne un aspect plus onctueux (sinon l'acide stéarique tend à cristalliser un peu "en feuillets"), et un toucher plus riche, plus gras, mais apporte moins de dureté. En modulant les quantités d'huile, d'acide stéarique et d'alcool cétylique, il est donc possible de varier la texture, la consistance et le toucher du beurre obtenu.

Pour mémoire, l'acide stearique est un acide gras, naturellement présent dans de nombreux beurres et huiles végétaux (Karité, Cacao, Palme), qui s'utilise surtout comme facteur de consistance pour épaissir les préparations cosmétiques, enrichir et stabiliser les émulsions, durcir les baumes, mais aussi les savons.

C'est un acide gras saturé: il ne possède pas de liaison insaturée et reste donc sous une forme de solide mou à l'air libre et à température ambiante. (N.B: par opposition, les huiles végétales "liquides" à l'ambiante sont riches en acides gras insaturés. C'est pour cela qu'elles rancissent relativement plus vite que les beurres: les liaisons insaturées peuvent être oxydées par l'oxygène de l'air).

C'est à l'issue de cet article que Julia m'a posé une question très pertinente, pour laquelle j'ai pensé qu'il serait judicieux de détailler la réponse à l'aide d'un article (que j'espère) le plus complet possible: 

"Juste une question : je réalise souvent mes beurres avec 60% d'HV, 30% d'acide stéarique et 10% d'alcool cétylique mais je n'ai jamais osé les utiliser en saponification de peur que l'indice de saponification ne soit pas le même que pour les beurres achetés tels quels et que les dosages de soude soient faussés... Est ce justifié?"

Effectivement, et même si la différence n'est que peu significative, utiliser l'indice de saponification (IS) de l'huile végétale épaissie sous forme de beurre grâce à l'acide stéarique, ou encore l'indice de saponification d'un beurre acheté dans le commerce pour lequel la composition n'est pas clairement connue, peu fausser vos calculs pour la synthèse de vos savons.

Si vous utilisez une recette similaire à celle donnée par Julia (60% d'huile pour 30% d'acide stéarique et 10% d'alcool cétylique), vous pourrez vous astreindre à un rapide calcul pour que tout rentre dans l'ordre.

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 Rapide j'ai dit!

Si vous vous contentez de prendre l'IS de l'huile végétale non modifiée, vous faites une légère erreur de calcul. Exemple pour l'amande et l'avocat:

Huile végétale d'amande = 13,209 / Beurre d'amande = 12,734 (différence de 4%)

Huile végétale d'avocat = 12,599 / Beurre d'avocat = 12,667 (différence de 1%)

Rien de bien méchant, vous en conviendrez. Même en saponifiant, pour peu que vous utilisiez un surgraissage suffisant, vous compenserez largement le manque (si manque il y a). Mais par souci du détail ou par effort de précision, voici la méthode pour formaliser vos calculs:

Indice de saponification (IS) du beurre végétal maison =

(0,6 x IS de l'huile végétale utilisée) + (0,3 x IS de l'acide stéarique)

(l'alcool cétylique utilisé est négligeable, son IS étant < 1,0 (mg de KOH / g)

Fastoche, me direz-vous, les indices de saponifications des huiles étant faciles à retrouver dans la littérature (sur Google, quoi).

Mais quid de l'IS de l'acide stéarique?

Déjà, il n'est pas superflu de redéfinir l'indice de saponification: c'est la masse de potasse (KOH) en mg nécessaire pour saponifier totalement les esters d'acides gras et neutraliser les acides gras non estérifiés dans 1g de matière grasse. Plus simplement: c'est la masse de potasse en mg qu'il vous faut pour saponifier totalement 1g de votre mélange huileux.

Pour rappel, un mélange huileux, ou même une simple huile végétale, est composé d'une multitude d'acides gras. Par exemple, la composition en acides gras de l'huile d'amande douce est plus ou moins la suivante (source Aroma-zone):

  • Acides gras essentiels poly-insaturés (AGPI ou AGE) ou vitamine F : acide linoléique (oméga 6) (23.94%)
  • Acides gras mono-insaturés (AGMI) : acide oléique (65.40%)
  • Acides gras saturés (AGS) : acide palmitique (7.05%), acide stéarique (2.47%)

Du coup, indice de saponification = spécifique à une huile végétale, donc à un mélange d'acides gras.

Quand on parle de l'acide stéarique seul, on va parler d'indice d'acide.

L'indice d'acide d'un lipide, c'est comme l'IS finalement: c'est la masse de potasse en mg nécessaire pour neutraliser l'acidité libre contenue dans 1g du corps gras. Plus simplement: c'est la masse de potasse en mg qu'il vous faut pour saponifier totalement 1g de l'acide gras.

Pour l'acide stéarique, il est compris entre 202 et 212 mg KOH / g (c'est une fourchette de valeurs, comme l'IS).

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 ... tout problème a une solution!

Du coup, votre formule de calcul devient:

Indice de saponification (IS) du beurre végétal maison = (0,6 x IS de l'huile végétale utilisée) + (0,3 x 207), soit: 

IS beurre végétal maison = (0,6 x IS de l'huile végétale utilisée) + 62,1

(pour un mélange à 60% HV, 10% d'alcool cétylique et 30% acide stéarique)

Vous aurez constaté que j'ai pris la valeur moyenne de la fourchette pour déterminer l'indice d'acide de l'acide stéarique...

Attention: on parle ici d'indice de saponification pour une réaction à base de KOH (potasse)! Si c'est de la soude que vous utilisez, n'oubliez pas de faire une conversion en multipliant votre valeur par 0,713: vous aurez le nombre de mg de soude nécessaires pour saponifier 1g de votre beurre végétal fait-maison.

Ben voilà, à vous de jouer maintenant, quoi! (si vous n'avez pas trop mal au crâne...)

C'est quoi votre beurre-maison préféré, alors?

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