Soapacadabra!

12 mars 2011

La trilogie du samedi, épisodes 2 et 3: saindoux / coco / colza et saindoux / coco / olive!

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La trilogie continue!Avec cette fois-ci une essai "double", deux essais le même mois, voyez donc à quel point je suis motivée pour trouver la trilogie de savons idéale, hein!

Bon, OK, j'avoue, c'est parce que j'avais deux gros pains de saindoux à utiliser. Une bonne raison donc pour me lancer dans une étude parallèle comparative, avec comme base un mélange "saindoux - coco" et comme huiles complémentaires l'olive ou l'huile de colza.

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Comme d'habitude - mais tu le sais déjà puisque tu as tout bien suivi le principe de la trilogie du samedi (hein que oui?) - j'utilise les mêmes proportions de chaque type de gras saponifiable, sans aucun ajout de fragrance ou de colorant par ailleurs, pour bien étudier la base du savon et constater ses propriétés intrinsèques sans élément "perturbateur".

Alors nous voilà partis dans la pesée de mes ingrédients,à savoir:

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... pour le savon saindoux / coco / olive, et:

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...pour le savon saindoux / coco / colza.

Le calcul des quantités de soude adaptées pour obtenir un savon surgras à 8% est fait à l'aide du  en ligne "Soapcalc", comme d'habitude.

Pour le savon saindoux / coco / olive, les caractéristiques finales théoriques sont les suivantes:

olive_coco_saindoux

Quant à celles du savon saindoux / coco / colza, "soapcalc" nous annonce cela:

saindoux_coco_colza

On voit que l'on doit à priori obtenir des propriétés relativement similaires, les valeurs pour l'un ou l'autre de ces deux essais sont du même ordre de grandeur. A voir à l'usage tout au long de ce test, donc...

Déjà, je suis surprise de voir qu'avec le saindoux, la valeur de l'indice INS est inférieure à celle qui avait été calculée pour le test précédent de l'épisode 1, où l'on n'utilisait que des huiles végétales. Je pensais en effet que les savons à base de graisse animale étaient plus durs??? Intéressant. J'ai hâte de tester si la différence est notable!

Le mode opératoire, c'est celui d'une saponification standard à froid. Vous pouvez avoir des détails , dans le descriptif que j'avais fait pour l'épisode 1...

Par rapport à la fois dernière, la première chose à dire est que la trace est bien plus longue à arriver. Enfin, bien plus longue, tout est relatif, car elle arrive au bout d'un petit quart d'heure pour l'essai à base de colza, et d'une bonne vingtaine de minutes pour l'essai à l'huile d'olive. Elle est également plus franche pour l'essai au colza, plus légère pour celui à l'olive. Mais une fois qu'on l'a, on l'a bien!

Savons_087

Je coule la pâte à savon obtenue dans un moule "système D" fait d'une brique carrée de jus de fruits découpée. Puis au séchage, pendant 24H! Le savon est beaucoup moins rapide à sécher que pour l'essai 1, cela confirme que le saindoux apporte une réelle différence par rapport à l'huile de palme de la dernière fois. Le savon sera certainement moins cassant...

Et c'est bien le cas, 24H après! La découpe se passe "à l'aise", pas de savon qui s'effrite ou se casse. Il est même encore un peu mou, avec une texture très souple. Le savon à base de colza est un peu moins dur que celui à base d'olive. Mais suffisamment pour être démoulé et découpé aisément.

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Pour l'essai à l'huile d'olive, l'odeur de savon caractéristique est présente, mais assez discrète. Elle l'est encore plus pour l'essai au colza. La différence numéro 1 de ces deux savons est leur couleur. Le savon à l'huile d'olive a une jolie teinte blanc-cassé ivoire:

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alors que celui au colza reste blanc immaculé:

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On le voit bien sur cette photo (enfin, si on fait abstraction du fait que les couleurs sont horribles car elle a été prise le soir à la lumière artificielle, hein...):

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(oui, essai du 20 février, je sais que j'ai été lente à rédiger l'article, mais c'est pour mieux revenir dans encore moins de temps pour les résultats finaux d'après la cure!!)

Pour tester la facilité de découpe, je tranche les pains de savon en deux. Aucun problème, tout se passe bien sans casse ni écrasage intempestifs!

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Le pH est bien entendu au top de la basicité (14). Je laisse les savons finir leur réaction de saponification tranquillement, dans un endroit frais et sec, pendant 3 semaines, et rendez-vous très bientôt pour les résultats de cette formidable (si si) aventure de la trilogie du samedi! le suspens est insoutenable! (absolument!)

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09 mars 2011

La trilogie du samedi - les résultats de l'épisode 1: olive / palme / coco!

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Salut toi. OK, j'avoue, je suis un peu en retard pour les résultats du premier et fantastique épisode de la trilogie du samedi: le savon "coco / palme / olive"!
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Mais si tu me voyais en ce moment, je suis un peu comme le lapin blanc d'Alice au pays des merveilles, toujours en train de courir, toujours en retard "en r'tard en r'tard" (mais je te rassure, j'ai de moins grandes oreilles, hein...)

Bref. La cure se terminant le 17 février, après 3 semaines de repos pour que le savon ne soit plus agressif et que la soude ait bien eu le temps de réagir, on peut dire que le savon est à point aujourd'hui ;-)

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Comme tu peux le voir sur la photo ci-dessus, gentil visiteur de ce blog, la couleur n'a pas vraiment changé depuis la dernière fois. Le savon est toujours d'un joli blanc cassé - ivoire, la nuance jaune étant donnée par l'incorporation dans la recette d'huile d'olive.

Le savon était très dur (INS élevé) et avait rapidement séché (tu t'en souviens?). Au bout de 24H, on constatait qu'il était devenu plutôt cassant, s'effritant quelque peu à la découpe. cela se confirme aujourd'hui: le savon est très dur, fond lentement, et est bien solide (j'entends par là résistant aux chocs de manière satisfaisante).

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Lorsqu'on le mouille et que l'on fait mousser, rien à dire: on n'a aucune sensation gluante ou désagréable, bien au contraire! Le savon est doux, la mousse est fine, abondante et crémeuse. L'odeur est neutre et caractéristique du savon, la sensation sur la peau est très douce, l'enveloppement est bon.

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Le rinçage est relativement facile et on a la sensation que le savon hydrate. Bref, pour une première, c'est plutôt bien réussi! Si ce n'est le côté cassant à la coupe, ce savon est vraiment très facile à réaliser, trace hyper rapide, qualité au rendez-vous, aucun problème!

Pour s'assurer que le savon est neutre pour la peau, et ne sera de ce fait pas du tout agressif, le contrôle au papier pH est nécessaire. Passage obligé, et indispensable avant d'utiliser son savon!

Pour rappel (ou pas), la peau a tendance à être plutôt acide (5-6),et le savon à être plutôt basique (de 14 à la réalisation à 8-10 après la cure). Pour grossir un peu le trait, on peut dire que c'est la basicité du savon qui va laver la peau. Le pH basique est effectivement nécessaire au processus de nettoyage et c’est grâce à cette différence de pH entre la peau et le savon que le savon … lave. L'idéal est un pH s'approchant de 7-9. Au delà, il risque d'être un peu trop agressif...

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Bingo! ;-)

Conclusion: pour plus de visibilité entre les différents essais réalisés et pour déterminer lesquels sont les plus concluants d'une façon bien lisible et rapide, j'ai décidé de résumer sous forme de note (sur 55) les résultats des différents essais des trilogies du samedi.

Ainsi, pour certains critères essentiels à l'obtention d'un savon agréable et efficace, je vais évaluer la qualité entre 1 et 5, en toute objectivité (du moins, le plus possible car il cet avis reste quand même personnel).

Voici donc le bilan de l'essai Coco / Palme / Olive:

Vitesse d'obtention de la trace: 5/5

Démoulage du savon après 24H: 5/5

Coupe du savon après 24H: 2/5

Odeur finale du savon (neutralité): 4/5

Couleur neutre du savon: 4/5

Pouvoir moussant du savon: 4/5

Texture de la mousse: 4/5

Texture du savon mouillé: 5/5

Crémeux: 4/5

Fonte lente du savon: 5/5

Sensation après rinçage et séchage des mains: 4/5

TOTAL: 46/55

Une bonne note pour un premier essai!

A suivre 2 autres tests très vite:saindoux/coco/olive et saindoux/coco/colza!

Ca compensera mon retard de ce mois-ci! ;-)

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02 février 2011

Les tests du mercredi: savon "Rock Star" de chez Lush!

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Donc.

Tu sais déjà en quoi consiste la trilogie du samedi, puisque tu es un fidèle lecteur (hein que oui?) et que tu as tout bien suivi depuis le début cette merveilleuse aventure follement excitante, à savoir la recherche du trio d'huiles parfait pour créer de chouettes savons à la texture crémeuse pour câliner tes jolis petons tout sales.

Voilà.

Ben on n'allait quand même pas s'arrêter là dans le délire du rancard bloguistique à deux balles (mais super intéressant, je te rappelle).

La boucle n'aurait pas été bouclée si on n'avait pas le loisir de tester, parallèlement à la fabrication "home made", les grands succès déjà bien industrialisés qui font les beaux jours de quelques marques prestigieuses (ou en devenir), telles que "Lush", "Fruits et Passion" ou autres "Codina".

Ainsi, régulièrement j'ai envie de partager avec vous mes impressions, mes coups de gueule ou mes coups de coeur sur les produits cosmétiques, de toilette ou de beauté que j'ai l'occasion de tester.

Et comme je reste une nana et que je suis, par définition, pas compliquée du tout (qui a dit que les femmes étaient des chieuses?) ces tests, je ne les posterai que les mercredis. Ca pourra tomber une ou plusieures fois par mois, le tout c'est que ça sera le mercredi. Et pis c'est tout. Wednesday. Mercoledi. Miercoles. Et tutti quanti.

Alors on commence cette semaine!

(comme tu peux le constater)

Et pour bien débuter le machin, j'invite sur ce blog un incontournable, un succès fou, un grand classique bien connu des savonneuses (ou pas), j'ai nommé: la grande "Rock Star" de chez Lush!

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Rock Star, c'est d'abord visuellement qu'il régale: tout rose, tout bien coupé, bien girly, il nous donnerait presque envie de le porter à la bouche. Comme un bonbon. Ou plutôt, comme un chouette bon gros Malabar à la fraise, puisqu'il en a la couleur...

THREE

Et pas que la couleur, à seconde vue! Dès qu'on s'approche de "la bête", c'est ce même parfum qui nous monte aux narines, directement. Un mélange de vanille, fraise-bonbon, barbe à papa. Le parfum du chewing-gum préféré des bulleurs de récréation. Autrement dit, la régression est totale, et de là à se remettre à la marelle en emportant dans la poche sa Barbie préférée, il n'y a qu'un pas!

Rock Star, c'est pour moi l'incarnation de la midinette grunge-manga qui se met des résilles roses avec un blouson de cuir noir. Et des faux-cils à paillettes. L'ado qui se la joue rebelle, avec des couettes anachroniques et des chouchous colorés dans les cheveux.

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Au toucher: Rock Star est très doux, voire un peu satiné. A l'utilisation: il mousse très bien, avec des petites bulles crémeuses. Il embaume toute la salle de bain, et votre peau aussi, pour un parfum plutôt persistant sur la peau. Bien sûr, comme à chaque fois qu'on se lave avec du savon, il ne faut quand même pas hésiter à se passer une crème hydratante sur le corps en sortant de la douche, car, si c'est un savon très doux, il n'est toutefois pas spécialement surgras, et ça tiraille un peu au rinçage.

Il fond relativement vite par contre, c'est la contrepartie de son onctuonsité... Mais c'est pas grave, parce que c'est toujours un plaisir d'en racheter une part! Si on est chanceux, il paraît qu'on peut même trouver une étoile toute blanche au milieu du savon tout rose (ça ne m'est encore jamais arrivé...).

La fève de la galette au savon, quoi. Oui, bon.

Quoi qu'il en soit, c'est sûr, c'est une de mes odeurs Lush préférées, pour ne pas dire ma senteur chouchoute, et je ne suis pas prête de m'en passer!

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Et vous, vous en pensez quoi?

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31 janvier 2011

La "saponification" : kézako?

savon_pain

Le savon est le produit d’une réaction chimique nommée saponification des corps gras.

Cette transformation non inversable et lente est une des plus anciennes réactions chimiques connues et maîtrisées par l'humanité. C'est une simple hydrolyse alcaline au cours de laquelle un mélange de corps gras — graisses animales ou huiles végétales— est hydrolysé en milieu alcalin par une base forte: soit la potasse (ou hydroxyde de potassium) KOH soit la soude (ou hydroxyde de sodium) NaOH.

Un peu de chimie...

L’hydrolyse des corps gras produit du glycérol, que l'on appelle aussi glycérine et surtout un mélange de carboxylates de sodium ou de potassium qui constituent les molécules du savon. Les savons fabriqués à partir de soude sont durs. Les savons fabriqués à partir de potasse sont mous ou liquides.

Sans_titre

 

 

soit : corps gras + NaOH (ou KOH) --> glycérol + savon

... où R est une chaîne d’atomes de carbone et d’hydrogène. On peut avoir par exemple R = (CH2)14 - CH3

 

 

La fabrication industrielle du savon

Fabrications et procédés industriels ont varié depuis les premières mises au point vers 1750.

La fabrication en cuve est caractérisée par 5 étapes distinctes: l'empâtage, le relargage, l'épinage, le lavage et séchage.

  • l'empâtage consiste à mélanger les corps gras à la lessive de soude. Une solution de soude, faiblement alcaline, est chauffée à ébullition. Le corps gras végétal, c'est-à-dire l'huile d'olive, d'arachide, de coton, de palme, de noix de coco, de sésame ou le corps gras animal, suif ou huile de poisson, est ajouté par petites doses et souvent sous forme de mélange complexe selon le savon à obtenir. Pour obtenir du savon mou on utilisera des huiles de colza, d'œillette ou de chènevis et de la potasse caustique (KOH).

  • le relargage utilise des lessives concentrées puis des lessives salées qui permettent une meilleure séparation des sels alcalins d'acide gras, c'est-à-dire du savon formé qui est relargué et surnage en grumeaux.

  • l'épinage, qui prend son nom de l'épine, robinet du bas de la cuve, consiste à soutirer l'eau salée et le glycérol.

  • le lavage consiste à répéter l'ajout de solutions salines, pour emporter glycérol et lessives résiduelles.

  • Le séchage permet d'obtenir des pains de savons secs et consistants.

Les deux étapes médianes ont parfois disparu au cours des années 1920 pour favoriser une épuration rapide et permettre une coulée à l'état liquide dans des bassins peu profonds, appelés mises, où le savon se solidifie avant d'être débité en bandes, puis (après séchage) marqué et débité en cubes.

Le nettoyage des matières grasses est souvent suivi, au milieu du vingtième siècle, d'hygrogénation des acides gras polyinsaturés, afin d'augmenter la compacité du savon produit. La saponification est conduite à haute pression et à

130 °C

, par introduction d'une lessive de soude à 7% dans le corps gras fondu en présence de solution-mère de savon. Le savon formé est séparé avec une solution saline, qui emmène le glycérol et sur laquelle il surnage.

Depuis les années

1970, l

'hydrolyse des graisses par de l'eau sous pression et à haute température, en présence de savon de zinc faisant office de catalyseur, donne en continu acide gras et glycérol, immédiatement séparés par distillation. L'acide gras est neutralisé par la soude et donne le savon.

savon_d_alep

Pour résumer

Les matières premières pour fabriquer du savon sont les matières grasses et la soude, éventuellement

la potasse. Un

savon "bien fini", c'est-à-dire dont la réaction de saponification est terminée et totale, ne contient plus ni soude ni huile. Ils sont principalement constitués de différents carboxylates de sodium, molécules de savon. Ils contiennent aussi de l'eau et des additifs variés.

La glycérine ou glycérol est un sous-produit de la saponification que l'on peut éliminer. Mais elle est laissée ou rajoutée parfois au savon car elle apporte des propriétés hydratantes.

L'art savonnier distingue, plus ou moins indifféremment, suivant la provenance géographique d'origine ou la couleur :

  • le savon Azul e Branco, fabriqué au Portugal ; il est bleu et blanc-jaunâtre

  • le savon d'Alep, le plus ancien savon syrien, à base d'huile d'olive et d'huile de baies de laurier

  • le savon de Marseille traditionnel, préparé avec de l'huile d'olive et de la soude. Il contient aussi de l'huile de coprah et de l'huile de palme, et comporte au moins l'équivalent de 61-63 % d'acides gras

  • le savon blanc, traditionnellement fabriqué en Suisse à partir de l'huile de tournesol. Il est dit "blanc" car il est beaucoup moins sombre que le savon noir à base d'huile de lin. À l'inverse de ce dernier, le savon blanc est utilisé comme savon de toilette.

  • le savon marbré, qui comporte des lignes de savons ferreux non déposées, c'est-à-dire des carboxylates de fer précipités dans la masse du savon formé. Les fines marbrures sont vertes.

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29 janvier 2011

La trilogie du samedi, épisode 1: Olive / Palme / Coco

 

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Et bien voilà, pour le premier épisode de la trilogie du samedi, nous allons ici voir le comportement en savonnerie de trois huiles incontournables: l'huile de coco, l'huile de palme et l'huile d'olive.

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Comme je vous l'ai expliqué dans le principe de la trilogie, ces huiles vont êtres saponifiées en quantités égales dans de la lessive de soude, avec un surgraissage de 8% calculé d'après soapcalc.

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Comme on peut le voir ci-dessus, le savon est dans la moyenne recommandée pour toutes les caractéristiques principales (dureté, conditionnement etc.) hormis pour l'indice INS, qui est très élevé. On peut en conclure qu'il durcira très vite et sera plutôt cassant, à voir dans la suite du test...

On pèse donc séparément les huiles solides (palme et coco), avant de les faire fondre au bain-marie...

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...et, à part, les huiles liquides à température ambiante, c'est à dire, dans notre cas, l'huile d'olive:

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On prépare ensuite la soude dans les proportions indiquées par SoapCalc.

Ici, j'utilise de la lessive de soude concentrée à 37,5%. C'est à dire que pour 100g de solution, je n'aurai que 37,5g de soude pure, pour 62,5g d'eau (à prendre en compte dans mon calcul!)

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On peut alors commencer à mélanger (avec un mixeur à main électrique) les huiles fondues à la solution de soude (procédé de saponification à froid), et observer la "magie" opérer!

La trace: elle arrive au bout de 2-3 minutes seulement:

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L'odeur: elle est caractéristique du savon, agréable.

La couleur: jaune pâle, certainement due à l'huile d'olive utilisée.

On coule dans le moule (une brique de jus de fruit découpée) la préparation, et on tasse en tapant sur le plan de travail.

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le processus de saponification se poursuit et le mélange devient plus pâteux à chaque minute...

On couvre la surface du savon (j'ai utilisé du papier rhodoïd découpé aux formes du moule) et on laisse de côté dans un endroit sec.

Le pH du savon: malgré ses allures inoffensives, attention: il est très basiques: à manipuler avec des gants uniquement!

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Après 12H: on peu déjà démouler le savon qui est très dur, comme supposé d'après les valeur théoriques de l'INS. L'odeur a disparue et il ne sent quasiment plus rien du tout, mais est encore très basique (continuer à le manipuler avec des gants).

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La première conclusion: ce savon est très très (très) cassant comme on peut le voir ci-dessus, il faudrait certainement adapter les quantités d'huiles et bidouiller sur Soap Calc pour retrouver un INS un peu plus acceptable (aux environs de 150).

Pour le reste du test, rendez-vous après la cure, lorsque le savon aura perdu de sa basicité et sera utilisable sans danger de se brûler à la soude!

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26 janvier 2011

La trilogie du samedi, ça commence ici!

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Alors voilà, ça commence comme ça.

La "trilogie du samedi", c'est une petite idée que j'ai envie de développer, en vue de trouver LA trilogie d'huiles ou de beurres "idéale" (ou du moins, celle qui sera la plus agréable à utiliser) pour la fabrication de savons maison.

En ce qui concerne le choix des huiles, point d'exotisme ou de mélanges improbables au programme. Il s'agit ici de pouvoir refaire sans problème chaque recette, avec des produits trouvables de partout et surtout, abordables pour tous. On reste alors sur des valeurs sûres, et je piocherai ainsi, à chaque fois, une combinaison de 3 ingrédients parmi 6 "gras" bien connus des savonniers, à savoir: Colza / Coco / Palme / Olive / Tournesol / Saindoux.

Si tu es fort en statistiques, tu vois donc que ça fait en tout et pour tout 20 testshyper excitants que je te prépare là (si si) (je suis sure que tu es tout émoustillé à l'idée de ces folles combinaisons en perspectives) (hein que youpi?)

Ainsi, régulièrement, le samedi, je vous donne rendez-vous ici pour "the" test "of" 3 ingrédients gras différents, mais en proportions égales, impressions d'élaboration et remarques critiques au programme. j'essayerai de me tenir à 1 test par mois environ.

Le but?

Essayer de trouver le mélange le plus concluant, pour ensuite pouvoir le travailler en lui adjoignant divers éléments complémentaires tels que des ajouts d'huiles essentielles ou bénéfiques, éléments solides pour gommage corporel, ou fragrances divines et colorants en tout genre!

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Bref, vous l'aurez compris, pour le moment point question d'enjoliver le bazar, les gras, la soude, un surgraissage à 8% - calcul via "soapcalc", et pis c'est tout, on voit ce que ça donne avant de valider ou de virer la tambouille!

Ca vous dit? Alors voilà ci-dessous la liste des tests déjà effectués ! Demandez le programme!

 

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22 janvier 2011

L'huile essentielle de citron

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Liquide légèrement trouble à l’abaissement de la température de couleur jaune clair à jaune verdâtre et d'odeur fraîche, zestée, citrique (catégorie hespéridé) Applications traditionnelles : Antiseptique, stimulant. Hyperacidité gastrique. Aphte.

 

Type de culture: Agriculture biologique
Obtention: Distillation par vapeur d'eau

P.-S. Nom botanique : Citrus limon
Famille : rutacées
Habitat : Asie
Parties utilisées : écorce du fruit
Parfum : agrume, frais et délicat
Principaux composants : limonène, citrals (néral et géranial), citronelal

L'huile essentielle de citron (citrus limonum) peut être utilisée sur la peau, par voie interne ou en diffusion dans l'air, pour ses propriétés désinfectantes. Elle est à la fois antimicrobienne, bactéricide, hémostatique et tonique.

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Pour soigner les problèmes de peau

L'huile essentielle de citron est une alliée précieuse pour lutter contre les divers problèmes de peau. Tout d'abord, pour lutter contre l'acné et la peau grasse, appliquez quotidiennement 1 goutte d'huile de citron dans une noisette de crème hydratante. On peut appliquer l'huile de citron pure localement, avec un coton-tige, sur les furoncles et les boutons d'acné très infectés.

 

 

Pour réduire les rides et les taches pigmentaires

Ce même mélange pourra également être appliqué pour lutter contre les rides et le relâchement de la peau, ainsi que contre les taches de rousseur et les taches brunes du visage et du corps. En cas d'engelures ou d'herpès, on pourra aussi appliquer ce même traitement.

Pour stopper les saignements

L'huile de citron est un excellent hémostatique naturel. Vous pourrez en mettre quelques gouttes sur un coton et l'appliquer sur de petites coupures pour stopper des saignements et désinfecter les petites plaies. Mais attention, ça pique !

Pour drainer le foie

Grâce à ses propriétés drainantes, l'huile essentielle de citron vous aidera à améliorer les fonctions de votre foie. Pour cela, mélangez 2 gouttes d'HE de citron dans une cuillère à soupe de miel ou d'huile d'olive. Les résultats se feront rapidement sentir.

Contre les nausées

Si vous souffrez de nausées, mettez 3 gouttes d'huile essentielle de citron et une goutte d'huile essentielle de menthe sur un comprimé adapté (vendus en pharmacie) et croquez-le. Recommencez toutes les 10 minutes jusqu'à disparition des symptômes.

Pour améliorer la circulation sanguine

Si votre circulation sanguine est un peu paresseuse, redynamisez-la avec un massage quotidien à base de 5 gouttes d'huile de citron, mélangées à de l'huile d'arnica (de préférence) ou toute autre huile non grasse, comme le jojoba.

Pour lutter contre les microbes et les bactéries

L'huile essentielle de citron est bactéricide et antimicrobienne, voilà pourquoi il peut être intéressant de la diffuser quotidiennement pour prévenir les épidémies, à raison de 10 gouttes dans un diffuseur adapté, plusieurs fois par jour.

Pour améliorer la beauté et la solidité des ongles

Si vos ongles sont secs et cassants, l'huile de citron pourra vous apporter ses bienfaits. Mélangez quelques gouttes à une cuillère à soupe d'huile de ricin, et massez vos ongles avec ce mélange, une à deux fois par jour.

Quelques précautions à prendre en utilisant l'huile essentielle de citron

L'huile essentielle de citron, comme toute huile essentielle, est à utiliser avec précautions. En raison de l'irritation qu'elle peut provoquer sur la peau, il convient de ne jamais l'utiliser pure, mais toujours diluée dans une crème ou une huile. Faites toujours un test préalable sur une petite partie de la peau avant de l'utiliser sur des zones plus étendues.

Faites attention à ne pas vous exposer au soleil dans les douze heures qui suivent l'application de l'huile essentielle de citron sur la peau, car elle est photosensibilisante et risquerait de vous provoquer des taches brunes.

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21 janvier 2011

Les huiles végétales en détail - 1/ L'huile d'olive

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Dans les savons

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  • La trace que l'on obtient avec l'huile d'olive est très longue à venir (1H30-2H).

  • Le démoulage n'est pas possible avant 2 jours au moins.

  • Le savon obtenu après la cure est bien dur.

  • Son pouvoir moussant est moyen, la mousse est très fine.

  • Il donne un savon très onctueux, un peu gluant. Il est très doux et laisse un film protecteur sur la peau.

  • La fonte du savon est normale.

(Pour ces tests, je vous renvoie à l'excellent site de Kafee et à ses expériences très intéressantes sur huile unique)

L'huile d'olive en bref

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Nom botanique : Olea europaea

 

Origine : Italie

 

Mode d'obtention : L'huile d'Olive est obtenue par pression mécanique à froid des fruits de l'olivier.

Composition : Acide linoléique (3,5 à 20%), Acide stéarique (0,5 à 5%), Acide oléique (56 à 85%), Acide palmitique (7,5 à 20%), Vitamines A et E, minéraux et protéines.

 

Couleur : jaune ambrée à jaune vert
Odeur : caractéristique de l'olive

 

Propriétés :

 

  • calmante, apaisante
  • nourrissante
  • assouplissante 
  • anti-deshydratante
  • réparatrice, calmante pour une peau irritée ou après un "coup de soleil"

Utilisation : L'huile d'Olive est une excellente huile pour régénérer les peaux sèches et irritées. C'est une bonne huile anti-age (prévention de rides, soin de la peau mature). Elle peut représenter une alternative économique comme huile corporelle dans la prévention de vergetures pendant la grossesse. Elle est également recommandée pour les soins des ongles et de cheveux secs et cassants. Reconnu pour ses propriétés cosmétiques l'huile d'Olive est de plus en plus utilisée par l'industrie cosmétique. Vous pourrez favoriser son absoption en la diluant à parts égales avec du gel d'Aloe vera.

L'huile d'olive en détails

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Nous connaissons tous l’huile d’olive et ses nombreux bienfaits vantés de part le monde. Utilisée par tous les pays du Sud et du Bassin méditerranéen, plus récemment louée dans le fameux régime crétois, sa réputation n’est plus à faire.

 

Or liquide, trésor de bienfaits, arbre béni des dieux, nombreux sont les qualificatifs pour parler de l’olivier, de ses fruits et de l’huile qu’ils produisent. C’est l’un des plus vieux arbres du monde appartenant à la famille des oléacées.
Vénéré par le passé, il fait l’objet de nombreuses légendes et mythologies anciennes et il est un symbole tout à la fois de vie, de paix (le symbole de la colombe tenant le rameau d’olivier dans son bec), de sagesse, de fécondité et d’honneur.

 

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La fabrication de l’huile d’olive remonte à la nuit des temps, près de 6000 ans aussi loin que l’on puisse remonter !

Les égyptiens furent parmi les premiers à apprécier les vertus exceptionnelles de l’huile d’olive pour la santé. Ils l’utilisaient non seulement dans leur alimentation mais également comme cosmétique, combustible pour s’éclairer ou encore afin de faciliter le glissement de lourdes pierres et la rotation des roues des chars.

Plusieurs siècles avant l’ère chrétienne, les égyptiens puis les romains utilisaient des moulins, des presses et des filtres à huile et s’éclairaient à l’huile d’olive…
Elle fut d’ailleurs le principal combustible pour s’éclairer avant l’apparition de l’électricité et ce, aussi incroyable que cela puisse paraître jusqu’au 19ème siècle !

 

Présent partout à l’état sauvage ou en culture, dans le bassin méditerranéen , l’olivier est à l’origine de toute une alimentation et d’un mode de vie.

 

Très rapidement les propriétés de l’huile d’olive pour la santé ont été mises en évidence et elle entra dans la composition de nombreuses potions médicinales. Elle fut considérée tout à la fois comme un médicament, un aliment et un cosmétique.

 

La feuille d’olivier elle-même est un fongicide et contient un antibactérien l’oleuropéïne, qui protège l’arbre des champignons et moisissures. En phytothérapie, la tisane de feuille d’olivier est employée depuis longtemps comme remède naturel contre l’hypertension artérielle.

 

 

De quoi se compose exactement l’huile d’olive ?

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L’huile d’olive est une huile végétale formée essentiellement d’acides gras monoinsaturés. Elle contient de la chlorophylle et est également riche en vitamine E et en provitamine A puisqu’elle contient de la carotène.
Sans oublier ces puissants agents antioxydants que sont les polyphénols !

Les polyphénols sont des substances organiques que l’on trouve dans les végétaux. Ils possèdent des propriétés « anti-oxydantes » très importantes qui combattent efficacement les radicaux libres. D’où l’importance d’en consommer régulièrement dans notre alimentation et nos boissons, comme le thé vert (bio et en vrac) qui en contient en grande quantité.

 

Et que sont les acides gras mono-insaturés ?

Essentiellement de l’ acide oléique ou plus connu sous l’appellation d’oméga 9. Les acides gras mono-insaturés sont présents dans notre alimentation qu’elle soit aussi bien d’origine animale que végétale. La plus grande concentration se trouve dans l’huile d’olive.

 

L’huile d’olive est classée suivant des règles bien établies (Conseil oléicole international) qui vont de l’huile d’olive vierge à l’huile d’olive simple en passant par la vierge extra, la vierge fine, la raffinée ou encore celle issue de grignons d’olive.
Il est en fait question d’une part, de pression à froid ou non, de degré d’acidité plus ou moins élevé ou encore de raffinage.

Mais pour le consommateur, tout cela peut paraître plus ou moins compliqué lorsque l’on cherche tout simplement à se procurer une bonne huile fabriquée le plus naturellement possible. Dans un premier temps, le plus important est de vérifier si la mention vierge extra (ou extra vierge) figure sur l’étiquette ainsi que « Première pression à froid ». Puis pour affiner encore la qualité il convient de se renseigner sur d’autres critères comme la provenance ou le producteur. Et autant que possible pensez à consommer des huiles issues de l’agriculture biologique.

 

L’huile d’olive est également la seule huile a posséder ses propres crus et classifications tel un vin. Elle a ses « goûteurs », ses concours, ses salons de dégustation, ses boutiques spécialisées, sa réglementation, ses associations, ses décrets, son comité, son syndicat, ses foires et même… ses musées ! (Les musées de l’olivier de Draguignan, Nyons, les Baux de Provence, Cagnes-sur-Mer, Salon de Provence et bien d’autres).

 

oliveetiquetteL’huile d’olive a toujours été utilisée en cosmétique.

Par sa richesse en antioxydants, l’huile d’olive protège la peau des agressions de toutes sortes et lorsqu’elle est employée régulièrement (à la fois dans l’alimentation et en application), elle restaure les cellules de l’épiderme et combat les méfaits du vieillissement. De plus, elle convient sans exception à tous les types de peau, des très sèches aux grasses à tendance acnéique.

 

En cosmétique, elle s’utilise pure ou en synergie avec d’autres huiles végétales ou essentielles. Voici quelques aperçus de son emploi en cosmétique :

- Pour adoucir et préserver la peau du visage, du corps ou des mains (en application, masque, crème ou lotion).

- Pour avoir des cheveux brillants et en pleine santé et pour hydrater les cheveux secs (en bains capillaires).

- Pour avoir de beaux ongles et éviter qu’ils cassent.

- Pour assouplir, nourrir et protéger la peau après une exposition solaire mais également en huile bronzante qui protègera votre peau et lui procurera un beau hâle doré.

 

 

Mais vous pouvez l’utiliser également pour des frictions, massages corporels (elle possède d’excellentes vertus chauffantes), comme démaquillant ou pour soigner gerçures et crevasses (elle cicatrise et apaise la douleur).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fiche récapitulative à télécharger:

Huile_d_olive

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20 janvier 2011

Les acides gras en détail - 1: L'acide stéarique

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Acide gras naturellement présent dans de nombreux beurres et huiles végétaux (Karité, Cacao, Palme), l'acide stéarique s'utilise surtout comme facteur de consistance pour épaissir vos préparations cosmétiques, enrichir et stabiliser les émulsions, durcir les baumes, mais aussi les savons.

Propriétés :

  • Epaississant, voire durcissant dans les baumes et les sticks

  • Emollient : apporte douceur et onctuosité aux formules

  • Nourrissant

  • Protecteur (filmogène)

  • Co-émulsifiant : participe à l'émulsification et améliore la stabilité des émulsions

  • Apporte de la dureté aux savons

  • Facteur de consistance dans les bougies

L'acide stéarique (du grec « stear », qui signifie graisse) est aussi appelé acide octadécanoïque.

Chimiquement parlant, c'est un acide gras à chaîne longue, qu'on symbolise par les nombres 18:0 pour indiquer qu'il a 18 atomes de carbone et aucune liaison covalente double : c'est un acide gras saturé. A température ambiante, il forme un solide blanc. Sa température de fusion est d'environ 70 °C.

Sa formule chimique semi-developpée est :

CH3-[CH2]16-COOH

Petite astuce:

Il est possible de préparer des "beurres" végétaux, avec l'huile de votre choix (olive, sésame, jojoba, amande...) en utilisant de l'acide stéarique et de l'alcool cétylique. L'acide stéarique permet surtout d'épaissir l'huile, tout en apportant un toucher très doux légèrement cireux, tandis que l'alcool cétylique donne un aspect plus onctueux (sinon l'acide stéarique tend à cristalliser un peu "en feuillets"), et un toucher plus riche, plus gras, mais apporte moins de dureté. En modulant les quantités d'huile, d'acide stéarique et d'alcool cétylique, il est donc possible de varier la texture, la consistance et le toucher du beurre obtenu.

la recette: parfum solide "Hot Spicy" (source)

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 Concrète de parfum "Hot Spicy" (S. Macheteau)

Une concrète de parfum unisexe pour une parfaite bio alchimie des corps !

Contenant conseillé : petit pot de 9 ml

  • 5 g d'huile de camélia
  • 2 g de beurre de karité
  • 2 g d’acide stéarique (émulsifiant naturel)
  • 20 gouttes d’huiles essentielles réparties de la manière suivante
  • 5 gouttes de poivre noir
  • 5 gouttes de noix de muscade
  • 3 gouttes de gingembre
  • 2 gouttes de cannelle
  • 5 gouttes de pamplemousse

Préparation : Faire chauffer à feu très doux au bain-marie l'huile de camélia, le beurre de karité et l’acide stéarique au bain-marie jusqu'à ce que la cire soit fondue. Retirer du feu. Ajouter les gouttes d’huiles essentielles puis mélanger rapidement avec un petit fouet et verser dans le petit pot.

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17 janvier 2011

La vision Goethéenne de la plante, appliquée à la démarche scientifique.

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Oui, bonjour, dis! Alors voilà, aujourd'hui, on va essayer d'aller un peu plus loin dans la vision spirituelle que l'on peut avoir des huiles essentielles, et par extension des plantes.

Sous vos applaudissements (si).

Pour la petite histoire, moi, tu sais, j'en ai synthétisé, des matières premières chimiques auxiliaires de synthèse. Ben oui quoi, je te rappelle que je suis chimiste avant tout! J'en ai fait, de l'anthranilate de méthyle, et j'en ai reniflé du citronnellal, avant même de savoir qu'ils étaient des molécules composantes de certaines huiles essentielles de citrus!

Ben tu sais quoi? Il paraît qu'en ajoutant telle et telle molécule artificielle, on peut arriver à recréer, par exemple, une odeur quasi-parfaite de jasmin. Si si.

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Un peu de chromatographie en phase gazeuse de l'essence naturelle par ci, une petite décomposition en molécules individuelles par là, et hop! On reproduit du jasmin comme-si-tu-y-étais-à-Grasse, et taddaaaa! Le tour est joué.

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Oui mais.

Comme tu ne la feras pas à un bon amateur de vin qui reconnaitra une année de production dans un grand cru, tu ne la feras pas à un vrai maître parfumeur, qui saura vite te démonter ton chouette travail et reconnaître parmi des dizaines de fioles LA vraie essence de jasmin extraite de la VRAIE plante.

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"Mais pourquoi donc", si tous les composants sont les mêmes, tu vas me dire?

Alors je te répondrais: pourquoi, pourquoi dis-moi, te faire prendre en photo avec les statues du musées Grévin t'excite moins que de rencontrer en vrai un Georges Clooney sexy ou une Monica Bellucci toute en jambe?

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Ben voilà, c'est pareil pour le jasmin. Le vivant est juste innimitable, il a une histoire, une profondeur qu'aucune matière élémentaire ne peut retranscrire.

Cette façon d'appréhender le vivant en le respectant, et non en le décortiquant façon dissection de grenouille, est appelé la "pensée Goethéenne".

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Allez, reste un peu et lis  mon article qui suit, meuh non c'est pas chiant!

;-)

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Goethe était un auteur connu et reconnu dans le domaine de la littérature poétique. Sa réputation en tant qu'écrivain a quelque peu occulté ses actions et recherches dans le domaine scientifique, je n'en avais personnellement jamais eu vent avant de commencer mes cours d'aromathérapeuthe, et de pouvoir ainsi m'intéresser de près à ses écrits scientifiques.

Goethe prône l'approche vivante de la nature, et de façon générale la pensée intuitive de la science. Les démarches scientifiques sont bien trop souvent, selon lui, basée sur une méthode rigoureuse et matérialiste, réduisant les êtres vivants à de simples machines, tel que pouvait le faire le philosophe Descartes. Seuls les aspects quantitatifs, comme le poids, la mesure, sont pris en compte, au détriment des autres qualités que sont les couleurs, la forme, les odeurs, la texture etc.

Se rapprochant d'auteurs comme Aristote, pour qui "la matière elle-même n'a pas la faculté de produire la forme complexe d'un organisme", il se met à l'encontre de la science analytique qui s'intéresse uniquement à l'aspect matériel des êtres vivants, négligeant de s'intéresser à la nature spécifique du vivant.

Ainsi, Goethe approche l'analyse d'un objet par l'observation de cet objet, par le ressenti que l'élément lui inspire, et ne lui applique pas de méthode d'étude systématique. Il met en avant la perception sensorielle, et la capacité de nos sens à nous transmettre la réalité du monde.

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Pour percevoir une plante, un objet, il faut l'appréhender avec étonnement, avec ouverture d'esprit, avec innocence et sans à-priori. Il s'agit d'observer aussi l'évolution de l'élément étudié au cours du temps, lors de son processus de croissance naturelle, et de ce fait assimiler sa dynamique spécifique.

Ainsi, la plante n'est pas un objet que l'on peut quantifier sans tenir compte de sa provenance, de sa méthode de culture, de son milieu. C'est un processus à part entière,  avec une évolution propre à chaque espèce, qui se déroule dans le temps et n'est pas entièrement présent à un moment donné.

C'est un tout, un être à respecter avec ses particularités, une véritable essence de vie et pas seulement - par exemple - un moyen d'obtenir, par différents procédés d'extraction physiques, des molécules aromatiques actives.

Ainsi, aucune molécule aromatique synthétique, aussi bien formulée qu'elle soit, ne pourra reproduire à la perfection une molécule naturelle extraite d'une plante vivante, à qui la réalité sensible et la force de vie ont donné une complexité non reproductible artificiellement.

Au même titre qu'un animal empaillé ne peut plus être considéré comme l'animal dans sa totalité, puisqu'il est privé de l'essence de sa vie, de ses instincts et de ses réactions, bref: de ce qui fait lui un être à part et unique, une plante ne peut être réduite à une simple odeur, une simple enveloppe ou une simple couleur. Elle est un tout vivant, complexe, qu'il faut prendre en compte dans sa totalité pour arriver à en saisir sa nature spécifique, ses particularités, ses propriétés médicinales.

Par extension et pour essayer de projeter ce type de pensée à notre vie quotidienne, je pourrai mettre en exergue le stress ambiant et omniprésent dans notre société actuelle, notamment dans le monde du travail.

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La société nous assimile bien trop fréquemment, et depuis trop longtemps, à des machines dont la seule santé physique retranscrit la capacité à être productif ou non dans son travail.

Or, et les évènements récents l'ont bien démontré, l'homme - au sens large du terme - doit être considéré dans sa globalité, comme un être vivant avec sa propre sensibilité émotionnelle et son ressenti psychologique, pas seulement comme un collaborateur compétent et dynamique.

Négliger la totalité de l'individu, considérer un aspect spécifique au détriment d'une approche humaine plus sensible, peut nous faire évoluer dans un monde matérialiste dépourvu d'émotions. La satisfaction personnelle de réussite professionnelle est bien vite effacée par un manque de reconnaissance globale de notre personnalité en tant qu'être humain. Et peut s'en suivre les dépressions et autres malaises de vie qui font, malheureusement, parfois les titres des journaux de faits divers.

La médecine actuelle, médecine du travail incluse, semble aujourd'hui prendre en compte, de plus en plus, le ressenti psychologique et la sensibilité des patients, et plus seulement ses analyses médicales physiques.

Nous dirigeons-nous vers une éthique appliquée à l'approche médicale?

Alors, peut-être verrons-nous aussi un jour une approche éthique similaire, appliquée à une science encore bien réductionnniste, et par trop mécaniste.

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